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octobre 2019

PAROLES DE STARTUPPERS - “DÉSACRALISER L’ÉCHEC”

Quel a été l’élément déclencheur de décision de création ?

L’opportunité de rejoindre Entrepreneur First, un incubateur pré-team permettant de trouver un associé, a été pour moi un élément décisif. J’avais déjà une idée assez précise du projet, pris quelques contacts pour évaluer le marché et les clients potentiels, mais je n’avais ni les compétences pour porter ce projet dans son intégralité, ni l’envie de me lancer seule. La rencontre avec mon associé a permis de lever les freins techniques et de passer de l’étape “réfléchir” à l’étape “agir”. L’écosystème actuel de l’entreprenariat en France regorge de ressources pour amorcer des projets en limitant la prise de risque pour les fondateurs, c’est une vraie chance à mon sens, et c’est ce qui m’a permis de me lancer.

Quel a été ton premier grand soulagement ?

Même si l’histoire ne fait que commencer pour nous, les premiers mois ont été riches en enseignements. On apprend des clients, on apprend des professionnels du secteur, on apprend surtout de nos erreurs. Comprendre que chaque décision aboutit dans le meilleur des cas à une réussite, dans le pire des cas à une leçon à tirer, permet de désacraliser l’échec et donc de réduire la peur de se tromper. Le cursus classique de nos formations d’ingénieur nous apprend généralement à avoir raison plutôt qu’à avoir tort. Et pourtant, quel soulagement de pouvoir se tromper ! Nos premiers succès, nous les devons à ces enseignements tirés de nos erreurs et cela me permet d’aborder le futur avec bien plus de sérénité.

Quel a été ton principal atout ?

Très clairement : la polyvalence. Avoir les compétences nécessaires pour porter les sujets tech-niques, autant que la communication, le pitch commercial, les enjeux réglementaires ou marketing, c’est le lot quotidien quand on débute une entreprise. L’ingénieur généraliste est fait de polyvalence et de résilience. Or dans un contexte d’innovation de rupture et de marché émergent, ce sont probablement les deux qualités les plus importantes à avoir. Pouvoir s’adapter à toutes les situations, cela s’apprend : la formation de l’École des Mines nous offre des clés pour être à la hauteur sur tous les fronts.

Après la création, quelle a été ta plus grosse surprise ?

La facilité ! En 1998, monter une boîte en France c’était pas mal de tracasseries administratives (c’est beaucoup mieux aujourd’hui). À Londres, en 2h et avec 100£, on sortait d’un rendez-vous avec un avocat et une boîte à son nom ! Paul Boyer Consultants Ltd était créé, et j’avais un beau sceau métallique pour signer. So old fashioned !

Quels conseils donnerais-tu à un créateur avant ou après la création ?

Le plus difficile n’est pas de trouver un travail ou une idée de business, mais de trouver POUR QUOI on veut vraiment tra-vailler. Ça peut prendre très longtemps, et je souhaite à chacun de le trouver... avant la retraite ! Il m’aura fallu plus de 20 ans et c’est ma 5e entreprise (Linportant, une mode éthique, en lin bio, locale et responsable), sans compter un mariage et 4 enfants, qui sont des projets encore plus importants !

AVANCER ! On n’est jamais prêt à 100 %. Il faut mesurer les risques mais accepter d’en prendre. Créer une entreprise et la gérer est beaucoup plus simple que faire un enfant et l’éduquer ! S’il fallait être totalement prêt avant de faire des enfants, l’espèce humaine se serait vite éteinte...

 

 

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