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mai 2015

Le véhicule consommant moins de deux litres aux 100 km et le financement de projets

La définition de nos véhicules de demain sera guidée par les réponses aux défis environnementaux, liés au changement climatique, aux défis d’infrastructure et de mobilité, liés à l’urbanisation croissante, aux défis technologiques et industriels, accompagnant les besoins et usages des clients, en termes de sécurité, de coût à l’usage et de connectivité.

Le véhicule consommant moins de litres aux cent kilomètres pour tous, un des 34 plans de la Nouvelle France Industrielle présentés à l’Elysée en septembre 2013 , reste donc une des orientations fondamentales pour la filière automobile fran­çaise, afin de fédérer les compétences et garder son leader­ship dans la réduction des émissions de CO2, en dévelop­pant de nouvelles briques technologiques qui permettront d’atteindre les objectifs ambitieux affichés pour la prochaine décennie. PSA et Renault, les deux constructeurs français, déjà leaders européens en matière d’émissions de CO2 affi­chent sur leurs véhicules dès 2015 des consommations extrê­mement basses, à partir de 4 litres/100 km pour des moteurs Essence et même 3 litres/100 km pour des moteurs Diesel. La Peugeot 208 Diesel HDi, présentée au dernier salon de Genève est clairement la nouvelle référence sur le marché avec seulement 79 g CO2 par km.

Atteindre moins de 2 litres/100 km pour tous lors de la pro­chaine décennie, est un véritable défi pour la filière automo­bile française qui nécessite de travailler sur tous les domaines technologiques du véhicule impactant la consommation, en particulier le rendement de nos groupes motopropulseurs, l’introduction d’hybridation et d’électrification, l’allégement de nos véhicules, la diminution des trainées de roulement et aérodynamique.

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En plus de l’expertise de nos constructeurs, les compétences de nos grands équipementiers membres de la PFA sont mon­dialement reconnues, pour Valeo dans l’hybridation de nos moteurs, pour Michelin sur les pneus à basse résistance au roulement, pour Plastic Omnium et Faurecia pour leur contribution sur les matériaux et l’allégement des véhicules entre autres. Associés au tissu industriel très riche des PME et ETI du pays, ainsi qu’aux universitaires et laboratoires de recherche, nous pouvons être convaincus que «l’entreprise France» est armée pour proposer les briques technologiques, qui doivent permettre à terme de réaliser des véhicules consommant peu, commercialement abordables et de gran­de diffusion. C’est aux industriels de proposer les projets d’avenir pour la filière. L’État peut soutenir l’effort, en créant un environnement favorable aux investissements de recherche et d’innovation, nécessaires à lever les derniers verrous qui permettront à l’industrie automobile française de garder sa place dans la compétition mondiale.

 
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En ce début d’année, dans le cadre du Programme d’Investissement d’Avenir, deux nouveaux appels à projets ont été publiés sur le site de l’ADEME en liaison avec la PFA, pour répondre, aux défis des véhicules et transports du futur :

  • L’Initiative PME 2015, appel à projets dédiés aux PME, dont le Commissariat Général à l’Investissement et l’ADEME ont simplifié au maximum la procédure administrative, et qui permet donc aux PME porteuses de projets de 400 000 € d’accéder en moins de six semaines à une subvention de 50% pour un maximum de 200 000 €. La filière automobile s’était fixé un objectif de 40 dossiers déposés qui a été lar­gement dépassé.
  • L’appel à projets, «véhicule routier et mobilité du futur», se raccordant aux axes prioritaires définis par la PFA sur la mobilité écologique. Il s’adresse à des entreprises qui peu­vent déposer à titre individuel ou en consortium sans excé­der cinq partenaires, sachant que les coûts totaux pour chacun des partenaires doivent être supérieurs à 3 millions d’€ pour les grandes entreprises, à 1,5 million d’€ pour les moyennes entreprises et enfin, à 750 000 € pour les petites entreprises.

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Le montant de l’aide financière est calculé en fonction de la taille des entreprises, dans la limite des taux d’intervention maximum autorisés par la Commission européenne, c’est-à-dire pour :

  • Une grande entreprise : 50% de subvention de la RI (Recherche Industrielle) et 35% en avance remboursable des DE (Développement Expérimental) ;
  • Une moyenne entreprise : 60% de subvention de la RI et 45% en avance remboursable des DE ;
  • Une petite entreprise : 70% de subvention de la RI et 55% en avance remboursable des DE.

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Dans les deux cas, les technologies et innovations, axes prio­ritaires de la filière doivent concerner :

  • L’hybridation des chaînes de traction ;
  • L’amélioration du rendement du groupe motopropulseur ;
  • L’amélioration du rendement véhicule (réduction des masses, des traînées aérodynamiques, des pertes méca­niques et de roulement, amélioration du rendement des consommateurs) ;
  • La connectivité ;
  • L’articulation véhicule / service / infrastructure ;
  • Les véhicules autonomes ;
  • Les usages innovants de mobilité des personnes et des biens.

En 2014, près de 20 projets collaboratifs subventionnés ont été déposés à l’ADEME, au FUI, au PSPC ou dans le cadre de l’AMI allégement.

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Eolab Airflow 2L Renault, 208 Hybrid Air 2L Peugeot, C4 Cactus Citroën

Il faut donc proposer de nouveaux projets, des projets d’avenir, proposer les meilleures synthèses technico-économiques sur les groupes motopropulseurs de demain en phase avec les évolu­tions régle­mentaires et pour la meilleure contribution aux enjeux environne­mentaux, proposer des innovations incrémentales mais également en rupture avec en particulier des schémas d’hybridation répondant aux objectifs mondiaux et permettant un positionnement CO2 attractif à un prix abordable, proposer des technologies (réduction des trainées, consommateurs auxiliaires, allége­ments, gestion optimisée de la dynamique longitudinale) qui permettront de réduire le besoin énergétique, en recher­chant l’optimum économique, enfin proposer les services innovants de mobilité et les technologies de l’information et de communication interfacées au véhicule pour moins de consommation en énergie.

Le véhicule du futur devra être propre, sûr, connecté, mais aussi abordable et exportable. Le défi de notre industrie est de se préparer aux ruptures technologiques à venir. ■

 

 

ADEME : Agence De l’Environnement et de la Maîtrise d’Energie

CGI : Commissariat Général à l’Investissement

FUI : Fonds unique Interministériel

PSPC : Projets Structurants pour la Compétitivité

PIA : Programme d’Investissement d’Avenir

 

 

 

 

 

Auteur

2009 PSA Peugeot Citroën
Directeur de Projet
2007 Pininfarina spa
Vice President Engineering
2005 Maserati spa
Directeur Technique
2003 groupe Ferrari-Maserati
Directeur de Projet
de 1986 à 2003
Matra Automobile
Directeur Tecnique à partir de 2001
Directeur de projet à partir de 1997
Responsable des avants projets à partir de 1993
Responsable adjoint des essais Voir l'autre publication de l'auteur

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