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octobre 2019

LA TÉLÉMÉDECINE AU SERVICE DES TERRITOIRES

Les clubs Mines Solutions Service et Mines Santé ont organisé conjointement une conférence-débat avec deux entreprises innovantes en médecine à distance. Qare développe la téléconsultation et H4D a conçu une solution de cabine connectée.


Certains pays ont de grandes zones géographiques peu denses à couvrir. En France, le nombre de médecins a diminué de 8,4 % depuis 2007. Aujourd’hui la problématique des déserts médicaux devient un enjeu majeur et la fracture sociale une réalité. Comme le précise le docteur Franck Baudino, fondateur de H4D qui a beaucoup travaillé en pays émergents ou dans des territoires aux très grandes distances (Australie, Canada) il vaut mieux faire voyager l’information médicale plutôt que le patient. La difficulté d’accès aux soins est en partie responsable de l’engorgement des urgences.

ENJEUX TECHNIQUES ÉCONOMIQUES ET RÉGLEMENTAIRES

La télémédecine a pour finalité d’optimiser le parcours de soin et de faciliter l’accès au soin. Cela permet en effet d’aller plus vite, plus fréquemment et parfois de façon plus économique, mais également de pouvoir être en contact avec des spécialistes qui ne sont pas présents à proximité.

Le suivi d’un patient après une chirurgie bariatrique (remède chirurgical à l’obésité), le renouvellement d’ordonnance pour un patient diabétique, le pic de fièvre d’un nourrisson, une consultation sur le changement d’aspect des grains de beauté… sont des cas habituels en télémédecine.

La télémédecine est entrée dans le cadre de la loi du 21 juillet 2009 portant la réforme de l’hôpital et relative aux patients, à la santé et aux territoires, plus connue sous l’expression “Hôpital, patients, santé et territoire” (loi HPST). Depuis l’avenant du 6 septembre 2018, cer­tains actes de télémédecine, et en particulier certaines consultations, sont remboursées. Il y a toutefois des conditions assez strictes d’application : le patient doit avoir vu son médecin traitant dans les 12 mois précédant la téléconsultation (hors cas d’urgence et certaines spé­cialités comme psychiatrie, gynécologie, ophtalmologie et pédiatrie), le médecin téléconsultant doit se trouver dans la même zone géographique que le patient.

Il est estimé que 20 % des consultations pourraient être réalisées en téléconsultation. Les téléconsultations viennent toujours en complément des consultations classiques. La Caisse Nationale d’Assurance Maladie envisage 500 000 téléconsultations en 2019 et 60 % des praticiens y sont favorables.

L’émergence de la télémédecine renforce l’exigence de sécurité des données et des systèmes d’information de santé.

LA TÉLÉCONSULTATION AVEC QARE

David Lescure (X-Mines 06) co-fondateur de Qare avec le docteur Alexandre Maisonneuve a présenté sa société. Quare a développé une application informatique utili­sable sur ordinateur ou sur téléphone portable.

Une fois que le patient a renseigné son profil, il peut le cas échéant envoyer des compléments comme des résul­tats d’analyse. Il prend rendez-vous avec le médecin, pour une consultation qui dure en général de 15 à 30 minutes pour un généraliste et 45 minutes pour un psychiatre. À l’issue, le médecin délivre systématiquement un compte rendu au médecin traitant. Il est également en capacité de délivrer un arrêt de travail ou une ordonnance. Un système de QR code permet de signifier au pharmacien si celle-ci est utilisée ou non. Le médecin a accès au dos­sier médical du patient. Des médecins libéraux installés peuvent utiliser cette application. Ils peuvent ainsi exercer

en téléconsultation. Les honoraires demandés sont les mêmes que ceux en consultation en face à face. Qare est rémunéré en prenant un pourcentage sur les honoraires, de même qu’un médecin remplaçant rétrocède une partie de ses honoraires au médecin titulaire. Ce sont donc les médecins qui sont les clients de Quare.

H4D : LA CABINE DE CONSULTATION

La cabine conçue par H4D permet de traiter 96 % des 272 pathologies les plus fréquemment rencontrées par un médecin généraliste. La cabine et le logiciel sont un dis­positif médical de classe II, audité annuellement par un organisme indépendant. Un référent s’assure de la sur­veillance et de l’entretien de chaque cabine. Des cabines sont installées en France mais également en Italie, en Espagne, dans les Émirats arabes unis, aux Philippines et aux États-Unis, en entreprises, centres hospitaliers ou collectivités territoriales.

Le patient prend rendez-vous avant de se rendre à la cabine et se connecte grâce à sa carte Vitale. C’est le médecin qui déclenche le début de la consultation. À la demande du médecin, le patient peut se déshabiller dans la cabine. Il peut également être amené à utiliser un abaisse langue ou un embout auriculaire jetables. Dans 99,6 % des cas le médecin va jusqu’au bout de sa consultation comme s’il l’avait fait en face à face présentiel. Pour les cas non traités, le patient est orienté vers un spécialiste.

Après chaque passage la cabine est nettoyée par aspira­tion automatique. Le taux de satisfaction est de 99,3 % chez les patients... qui oublient en général au bout de 45 secondes que le médecin est à distance.

H4D se rémunère par un coût d’installation puis par un tarif mensuel. Ce service inclut la mise à disposition de la cabine et l’accès à un médecin. Les médecins sont rému­nérés pour leurs actes. Ils signent une convention avec H4D et suivent une formation régulière sur l’utilisation de la cabine.

C’est également une opportunité d’amener ce service en entreprise : de nombreuses sociétés sont intéressées pour installer des cabines sur leur site. Une cabine est « rentable » à partir de 300 personnes par site, et il y a généralement besoin de 2 cabines au-delà de 2 000 personnes.

EN GUISE DE CONCLUSION

Grâce aux progrès de la technologie la télémédecine est amenée à jouer un rôle essentiel dans la chaine de soin des patients en complément de consultation tradition­nelle. Les contextes techniques, économiques, juridiques et sociaux convergent pour une meilleure et plus efficace prise en compte des patients et des soins. Des initiatives privées sont relayées par les pouvoirs publics qui permettent cette évolution. À quand la téléguérison ? ▲

 

Plus d'info sur www.qare.fr et www.h-4-d.com

Auteurs

Développer des offres parfois complexes dans les services : déceler le besoin, bâtir des solutions adaptées et les mettre en oeuvre.
Voici des compétences pratiquées en ingénierie nationale et internationale (éolien en mer, installations industrielles, sites et sols pollués, informatique, bâtiment et TP), en recrutement sur des postes de DIRECTION COMMERCIALE et DIRECTION DEVELOPPEMENT. Voir les 2 autres publications de l'auteur

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