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novembre 2008

Investir dans des entreprises : un métier ?

Brève présentation

Une définition simple du capital-investissement (private equity) serait : l’investissement en fonds propres dans des entreprises non cotées.

Déclinons cette définition :

  • Investissement en fonds propres (actions), et quasi fonds propres (obligations, généralement convertibles),
  • dans des entreprises non cotées (en général),
  • réalisé le plus souvent pour le compte de tiers,
  • qui attendent une forte rentabilité en contrepartie du risque encouru (objectif principal : plus-values),
  • pour une durée le plus souvent limitée dans le temps.

On distingue habituellement trois segments principaux du capital-investissement, correspondant à trois phases de la vie des entreprises :

  • Capital-risque : création, début d’activité, jeune entreprise, start-up, non encore profitable.
  • Capital-développement : PME à maturité, rentable, en croissance organique et-ou externe.
  • Capital-transmission : acquisition d’une entreprise (ou d’une activité : branche, business unit) existante, par une équipe de dirigeants et d’investisseurs.

On pourrait également décliner d’autres segmentations, selon le type d’investisseur (indépendant, captif, semi-captif, du secteur public), selon le statut de l’investisseur, ou encore selon la durée de l’investissement...

Pour fixer les ordres de grandeur de l’activité en France, uti­lisons les chiffres établis par l’AFIC (Association Française des Investisseurs en Capital) :

  • Montants investis dans les entreprises par les acteurs fran­çais en 2007 : 12,6 G€ ; (taux de croissance annuel moyen depuis 2003 : +36%).
  • Ces 12,6 G€ ont été investis dans 1 558 entreprises.
  • Montants des fonds levés par les acteurs français en 2007 : 10,0 G€ ; (taux de croissance annuel moyen depuis 2003 : +43%).
  • Ces 10,0 G€ ont été collectés par près de 100 sociétés de gestion.

Bien sûr, il faut manier avec précaution les chiffres totaux des investissements effectués, car ils additionnent des opé­rations de montants unitaires très différents, des très gros LBO de plusieurs centaines de millions d’euros, jusqu’aux prises de participation en capital-risque de l’ordre du million d’euros. (C’est un peu comme si l’on additionnait des ton­nages transportés par des super-pétroliers, des cargos, des trains, des camions et des camionnettes...).

Le présent dossier ne se limite pas à la profession du capi­tal-investissement stricto sensu, mais aborde l’investissement sous un angle plus large, incluant également la hol­ding majoritaire, aussi bien que le business angel. On y trou­vera donc non seulement ceux qui gèrent l’argent des autres, mais aussi ceux qui investissent leur propre argent...

Ce dossier est d’ailleurs volontairement présenté dans un ordre “antichronologique”, allant du groupe à la start-up, ou, si l’on prend le point de vue de l’actionnaire, du majori­taire au minoritaire.

Périmètre, ou sujets non traités

Il y a beaucoup de sémantique à clarifier, et parfois d’idéologie à débusquer, dans des termes dont certains journa­listes, politiciens, et pseudo-experts nous rebattent les oreilles. En restant simples, voici quelques sujets, qui ne sont pas du ressort du capital-investissement, mais qui lui sont parfois assimilés, et que le présent dossier ne traite pas :

  • Les fonds qui investissent essentiellement dans des entre­prises cotées (OPCVM, SICAV, etc.), ou sur d’autres mar­chés (matières premières, dettes, etc.).
  • Les fonds d’arbitrage et hedge funds.
  • Les “fonds de pension” (anglicisme désignant les caisses de retraite par capitalisation).
  • Les “fonds souverains”.

Bien entendu, les frontières ne sont pas étanches, les défi­nitions ne sont pas en noir et blanc, et il y a beaucoup de zones grises. On voit ainsi des FCPI investir essentiellement dans des entreprises cotées (sur Alternext par exemple). On voit aussi des fonds de capital-investissement lancer des OPA, à plusieurs dizaines de milliards de dollars, sur de grands groupes cotés de taille mondiale. Depuis la bulle Internet (1995-2000 aux États-Unis), le capital-investisse­ment s’est fortement corrélé aux marchés boursiers, alors qu’on pourrait penser qu’il devrait leur être, au moins en partie, contracyclique...

Et la crise ?

Ce dossier a été programmé de longue date, bien avant le déclenchement de la crise des subprimes (été 2007, aux États-Unis). Il n’a pas pour objectif de traiter de la crise des subprimes, de la crise de la finance et des marchés, des pro­blèmes des banques, et de la crise économique en général. Toutefois, plusieurs auteurs, loin d’éluder le sujet, intègrent le problème de la crise actuelle dans leurs analyses et pers­pectives.

La parole aux investisseurs

Depuis dix ans, j’ai accompagné plusieurs dizaines de start-ups et PME dans leurs recherches d’investisseurs (business angels, fonds de capital-risque et de capital-développement, industriels). Dans les années 1990 et 2000, j’ai également participé activement au développement des pionniers fran­çais des réseaux de business angels que furent Leonardo et Proxicap. J’ai voulu aujourd’hui donner la parole aux inves­tisseurs.

Comme d’habitude, le lecteur est invité à prendre connais­sance des réflexions et libres propos que nous partagent quelques camarades. À partir de parcours professionnels variés, et sans prétendre épuiser le sujet, ils apportent des éclairages qui se complètent, se confrontent ou se répon­dent. ■

N.B. : Pour faciliter la lecture, un glossaire en fin de dossier détaille les prin­cipaux sigles et abréviations utilisés.

 

 

 

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