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juillet 2013

Introduction

En ces temps de crise économique, ou de changement durable de modèle de fonctionnement de la société et du système de production - le débat est ouvert, et n’est pas près de se refermer -, la question de la recherche est cru­ciale.

Il faut en effet aller chercher la croissance par la mise au point de nouveaux produits, que ce soit dans l’industrie manufac­turière ou dans le domaine des services. Parmi les moteurs de l’innovation figurent l’innovation participative, qui fait appel à l’initiative des salariés, et l’innovation par les fournisseurs, qui proposent des solutions techniques sur la base d’un cahier des charges fonctionnel. Le troisième volet repose sur la recherche, à laquelle on s’intéressera ici.

Trois articles transversaux plantent le décor pour ouvrir ce dossier.

Rémi Barré (N68) établit un panorama des articulations entre politiques publiques et entreprises, notant au passage l’évolution en France d’un « modèle linéaire » vers la mise en place d’un « écosystème de l’innovation ».

Focalisation sur un point particulier des dispositifs présentés dans l’article précédent, Daniel Fixari (P65) et Frédérique Pallez (P71) proposent une réflexion, près de dix ans après leur mise en place, sur les pôles de compétitivité, initiative gouvernementale visant à associer différents acteurs économiques autour d’une thématique industrielle ou scientifique et sur un territoire.

Elargissant cette problématique à l’échelle européenne et prenant appui sur l’exemple du secteur des transports, Yves Amsler (E68) présente dans leurs grandes lignes les pro­grammes européens de soutien à la recherche et à l’innova-ion, composante souvent mal connue des politiques de l’UE.

La présentation de monographies d’entreprises permet d’entrer véritablement dans le vif du sujet. Afin de ne pas verser dans un catalogue fastidieux, et pour pouvoir dans la place impartie ouvrir de nouveau ce dossier sur des perspectives plus générales, on s’est volontairement limité à trois exemples concernant pour les deux premiers l’industrie, et le troisième un organisme de recherche.

Claire Capra (N85) et Yves Guitton-Fumet montrent, à tra­vers la présentation d’une gamme de produits d’un leader mondial du secteur de la construction, le rôle des activités de recherche en amont de la définition de ces produits, abordés sous l’angle du développement durable.

Philippe Thaure (N57) présente le cas d’une start-up, mixant capital humain et capital financier au service de l’innovation, dans le domaine des équipements médicaux et dans le contexte particulier de la Silicon Valley.

Olivier Appert (CM71) enfin, déjà éminent contributeur du récent dossier Énergie, fournit une démonstration du carac­tère essentiel de l’articulation entre centres de recherche et industrie.

En toile de fond des activités de recherche se trouve la ques­tion de la normalisation. Olivier Peyrat donne à comprendre comment, paradoxalement, cette activité d’un abord aride ne bride pas la créativité mais peut au contraire, en l’encadrant et en la canalisant, d’une certaine manière la stimuler. Indissociable de la normalisation, le système des brevets. Benoît Battistelli en propose un panorama très complet, en mettant l’accent sur le brevet unitaire européen en prépara­tion, lui-même étape vers une possible harmonisation mon­diale.

Et pour clore ce dossier, un clin d’œil nostalgique : l’aventure, en forme de retour d’expérience, de l’avion supersonique franco-britannique Concorde est signée Thomas Wood (N05)

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Une fois décanté ce foisonnement d’informations, de démarches, de dispositifs, une question vient : la course for­cenée à l’innovation, et la recherche qui en est l’une des voies, ne sont-elles pas une fuite en avant, au service d’un modèle de consommation périssable voire condamné ? Poser cette question – qui à son tour sera éclairée par la recherche en sciences économiques et sociales ! – ne dispen­se pas d’aller de l’avant.

C’est comme la bicyclette : si l’on cesse de pédaler, on s’arrête et on tombe. La recherche en entreprise, dans le système tel qu’il est, n’est donc pas une danseuse, un miroir aux alouettes ou un objet décoratif. C’est, davantage encore qu’un simple investissement sur l’avenir, un réflexe vital. ■

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