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février 2020

CONSTRUIRE AUJOURD’HUI LA VILLE DE DEMAIN

S’il y en a qui croient encore que la construction c’est simplement des chantiers et du béton, le parcours de François Dutilleul leur montrera l’extraordinaire diversité des métiers pratiqués. Le jeune dirigeant de Rabot Dutilleul a la passion de modeler la ville et la vie. Des idées pour ceux qui hésiteraient à rejoindre un secteur qui réclame des recrutements pointus et techniques et de qualité.


TOUT DE SUITE LES INFRASTRUCTURES

Le jeune ingénieur sorti des Mines de Paris en 1995 choisit une petite société d’ingénierie anglophone à Montréal (filiale de la SNCF) pour effectuer un service militaire utile, en VIE (Volontaire international en entreprise) attiré par les grands espaces qui s’ouvrent à lui. Un travail typique d’ingénieur dans le bureau d’études qui l’emploie. Il réalise des projets de liaisons ferroviaires au bénéfice des pays africains, financés par la Banque Mondiale. Les lignes construites font plusieurs centaines de kilomètres de long et structurent les territoires. Il retiendra de son passage que pour le Monde, la France est petite et exotique. Et puis ces Français, avec leur accent ! Le Canada, l’Afrique sont plus ouverts et plus larges.

De retour au pays il partira sur les routes, dans l’ingénierie de Scetauroute (devenue aujourd’hui EGIS), pour façonner les infrastructures afin de promouvoir les territoires. Une attirance qui se concrétisera à nouveau plus tard quand il participera activement aux instances professionnelles et institutionnelles. Ouverture, action et faire bouger les choses, c’est un peu l’ADN de son moteur.

LA CONSTRUCTION, CE SONT DES DIZAINES DE MÉTIERS ET DES RESPONSABILITÉS

D’autres perspectives l’attendent : la société familiale cherche des talents. Alors commence pour François le parcours de connaissance de Rabot Dutilleul, un groupe très diversifié basé à Lille (voir encadré).

Démarrant par le basique, il est ingénieur d’études Travaux Publics en Île-de-France. Il participe ainsi à la construction des ouvrages d’art de la LGV Est, ou encore de l’aérogare 2E de Roissy Charles-de-Gaulle. Et comme, dans le bâtiment, avant de construire il faut vendre, le voilà chargé de programmes dans la promotion immobilière. Situé très en amont des projets, il faut de la créativité et de l’anticipation pour prévoir les besoins, de la persuasion pour convaincre les investisseurs et un bon réseau pour dénicher les disponibilités foncières intéressantes. On touche au réglementaire, aux moyens de financement, au business, à la concurrence, tout ce qui… n’est qu’effleuré dans le programme de l’Ecole des Mines à cette époque. Apprentissage réussi, puisqu’il prend des responsabilités dans les régions Île-de-France et Rhône-Alpes, puis devient directeur général de Nacarat, filiale destinée à la promotion immobilière de logements particuliers et d’entreprise. Cette fois il faut coordonner des équipes pluridisciplinaires, les responsables de développement, de programmes, commerciaux et les techniciens, sans oublier de contribuer en amont aux études de faisabilité et de conception des futurs projets, et surveiller l’avancement des chantiers en cours. Une attention multitâche et de tous les instants à la chaîne de valeur, qui est stimulante.

 

LE TEMPS LONG

Un grand projet immobilier et d’aménagement urbain dure de 5 à 10 ans. Les enjeux sont de plus en plus complexes et doivent prendre en compte l’urbanisation durable, une écologie responsable, les nouvelles mobilités, l’empreinte carbone des installations, l’usage par les occupants. Durant tout le temps du projet, il faut rester vigilant et résilient et toujours ajuster son offre. Opportunité pour ceux qui sont stressés par la pression et préfèrent l’anticipation et le changement.

Pour l’activité de Rabot Dutilleul, François a l’ambition d’être un acteur global qui s’implique dans tous les aspects du métier, avec une vision des enjeux à long terme. Il aime les projets d’envergure, la fréquentation d’acteurs variés et multiples. Avancer et mobiliser l’action des équipes le motive au quotidien. Les contraintes administratives ou réglementaires ne sont pas sa tasse thé, mais font partie du jeu. Maîtriser toutes les composantes de la chaîne, du montage financier à la gestion technique des bâtiments est le fondement de la réussite.

 

LA VILLE, C’EST LA VIE

Participer activement à l’évolution sociale, c’est aussi le rôle des entreprises. François souhaite que son groupe soit très impliqué dans l’aménagement de la ville et son évolution. Il se rappelle son action dans les Communautés d’Emmaüs, en stage de 3e année à l’École des Mines: une expérience riche de compréhension des enjeux, des rôles des acteurs, des situations complexes. Avec une expérience variée de 20 ans dans la construction, du BE au commercial et à la promotion, François a aussi appris l’importance de l’anticipation et de l’écoute des besoins des clients et des utilisateurs.

L’étendue du champ des possibles, compte tenu notamment du très grand nombre d’interlocuteurs et d’enjeux, dans un univers international, nécessite de l’agilité. Son agenda est surchargé, mais il jongle avec, comme dans un jeu dont les contraintes sont le temps et le choix. Il trouve encore le temps d’aller aux concerts de l’Orchestre National de Lille dont Rabot Dutilleul est mécène, et de passer du temps avec sa famille et avec ses enfants.

De même que l’entreprise est globale, la fonction de son responsable et son implication sociétale forment un tout. Pour faire bouger les choses, il a besoin d’être engagé pour promouvoir les territoires et l’entrepreneuriat : à la CCI, au Comité Grand Lille, à la Fédération française du Bâtiment (sur les questions européennes et internationales), au Medef, à la Banque de France ; il se forme aussi continuellement dans les clubs de chefs d’entreprise : APM, CJD… la liste est plutôt longue.

 

LES GRANDS PROJETS “DEMAIN” ET “SHAKE”

L’esprit de l’ingénieur est sollicité sur tous les sujets, François fait ce qu’il aime et son esprit scientifique est comblé. Le monde de la construction lui a donné la possibilité de s’investir.

Fierté d’embarquer l’entreprise sur le projet de transformation “Demain”, ou encore sur la vision “Oser construire des vies plus belles” qui veut rendre le groupe moteur de l’évolution sociétale. Fierté encore quand ses équipes, après une longue et dure compétition face à 15 concurrents internationaux, décrochent à Euralille le concours du projet “ShAKe” (voir photo), un ensemble immobilier de 30 000 m2 de bureaux et services, entièrement imaginé avec de nombreuses innovations d’usage, ou encore à caractère technique et environnemental.

 

François Dutilleul a compris que le monde de la construction est amené à changer pour accompagner l’évolution de la société, au-delà de la productivité et la baisse des coûts qui restent des objectifs primordiaux. Sa passion, son énergie et son engagement viennent servir son entreprise et lui donner du sens pour anticiper la construction d’un nouveau monde passionnant. Une sorte de nouvelle révolution industrielle qui n’attend que ses acteurs : cela ne vous donne-t-il pas envie?

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