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27 juin 2019

Intermines
Carrières : Vous connaissez le triple cursus ?

  1. Mastère spécialisé Mines de Paris – Expertise scientifique du domaine des Energies Renouvelables
  2. Ingénieur des Mines Nantes – Génie de l’Environnement, Développement Durable et Economie
  3. Basket (3ème Division) + Rugby + Re-basket (5ème Divison) et …. Le mystérieux « Tour des goodies » !

 

On trouve des parcours extraordinaires chez les mineurs. Celui de Michaël Delay P 2014 en est un. Alliant engagement pour l’environnement et sport de haut niveau. Il fallait une « sportive » comme moi pour l’interviewer !

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Il fait 35°C sur Paris en cette fin d'après-midi où je retrouve Michael Delay (P 2014) dans une brasserie parisienne. Cependant son énergie et son enthousiasme m’ont fait oublier la moiteur parisienne.

 

Patricia Besset-Veziat :

Michaël, peux-tu nous présenter ton parcours professionnel ?

 

Michaël Delay :

Après mon BAC, j’ai rejoint le sport-études du CREPS à Vichy où j’ai passé deux ans. Je me suis rendu compte que mes résultats sportifs ne me permettraient pas de sortir du lot et j’ai alors rejoint un parcours « plus classique » en classe prépa à Angers dans une « petite prépa » mais qui apportait une grande importance à l’équilibre formation/vie associative. J’y ai trouvé un véritable appui pour continuer à pratiquer le basket à haut niveau ; une équipe pédagogique qui vous permet de reporter un DS pour cause de match le samedi à l’autre bout de la France par exemple !

Après mes deux ans de prépa, j’ai intégré l’Ecole des Mines de Nantes pour le cursus Ingénieur Généraliste avec la dominante Génie de l’Environnement. J’ai fait mon stage de fin d’études à l’Office International de l’Eau : j’y ai fait du management de projets de gestion des ressources en eau de bassins transfrontaliers africains.

Via un contact réseau, Antoine Des Moutis, qui avait lui aussi fait Mines Nantes puis une année à Mines ParisTech (P 2013), j’ai connu le Mastère Spécialisé de l’EUREC : EUropean in Renewable Energy Research Centres. L’EUREC fait intervenir un consortium de 11 Ecoles et Universités européennes. J’ai choisi, comme Antoine, Mines ParisTech : Energie marine, Eolien Off-Shore ... et un stage de fin de mastère chez Areva Renouvelables en gestion de projets pour un pôle éolien au Havre repris depuis par Siemens.

En sortant de mon BAC+6, il y a 3 ans, j’ai rejoint la Commission de Régulation de l’Energie, dans l’équipe d’un autre mineur Adrien Thirion (P 2009). Je mets en œuvre puis j’instruis des appels d’offres dans le cadre de l’octroi de subventions à des projets d’énergie renouvelable. Je participe également à l’élaboration d’avis sur des textes règlementaires liés aux différentes filières renouvelables et à la taxe CSPE (Contribution au Service Public de l'Electricité).

Ce poste à la Commission me permet, bien entendu, de mettre en œuvre ce que j’ai appris pendant mes études mais il correspond également à mes valeurs et mon engagement pour le développement durable. C’est important pour moi. Il me manque juste la gestion de projet que j’ai trop peu l’occasion de mettre en application. 

 

Patricia Besset-Veziat  :

Et le sport ?

Michaël Delay  :

Le sport ? C’est simplement une partie de moi. J’en ai toujours fait et même dans les moments de forte pression, classes prépa, concours, je n’ai jamais arrêté.

Après mon année au CREPS, pendant mes classes prépa, j’ai joué au Basket en 3ème division nationale (championnat « NM1 ») dans un club d’Angers.

Pendant mes années aux Mines à Nantes, je n’ai pas pu pratiquer le basket à haut niveau. Du coup, j’ai fait du rugby ! Niveau universitaire et entreprises. Mais le ballon ovale ne m’a pas fait oublier ma passion première et depuis 2014, j’ai repris le basket en rejoignant le club de Rueil-Malmaison en 5ème division.

Mon implication ne s’arrête pas à la pratique ; pendant mes prépas, j’étais également entraîneur de basket à Vichy puis à Angers. Transmettre est aussi une passion. Le geste technique et les valeurs.

Aux Mines, j’ai bien évidemment pris la Présidence de l’Association Sportive ! 200 licenciés. 15 activités. Pendant mon stage de fin de Mastère Spécialisé et jusqu’à l’année dernière, j’ai été membre du bureau du club de Rugby des anciens élèves de toutes les Ecoles des Mines.

 

Patricia Besset-Veziat  :

Et le Tour des Goodies, dont j’ai entendu parler par ton profil LinkedIn ?

 

Michaë Delay  :

Le Tour des Goodies, c’est une très belle aventure de deux amis d’enfance, Jean-Baptiste Delahaye dit JB et moi, passionnés de sport.

Tout a commencé un soir de 2011. Emportés par nos discussions enflammées, nous nous mettons au défi de « faire le Mont Ventoux ». Vivre, le temps d’une journée, le Tour de France comme un pro, ou presque ! Je n’avais jamais vraiment fait de vélo de cette façon. En tous les cas, jamais monté un col.

Et, un samedi à l’aube, nous nous sommes retrouvés à 6 pour attaquer « Notre montée du Ventoux ». Parce que nous avions déjà fait 4 émules ! Chacun avait son short de sport, le vélo du voisin, mais la ténacité et l’émulation d’équipe ont fait le reste. Nous étions fiers tous les 6, arrivés en haut !

L’année d’après ce fut le Galibier. Je n’ai pas pu le faire. Ils étaient 9.

EN 2013, nous avons remis ça. Avec le Col de la Madeleine. 15 coureurs. Pour Marquer l’événement, nous avions, JB et moi, acheté sur le Bon Coin des maillots qui nous ont été livrés avec quelques accessoires. Au départ de l’ascension, nous avons distribué les maillots et à l’arrivée…. les goodies. Le « Tour des Goodies » est né cette année-là.

En 2014, le « Tour des Goodies » s’est professionnalisé ! 30 coureurs, pour un événement sur deux jours. Nous avons fait réaliser des maillots « Tour des Goodies ».

Le samedi, nous avons couru un contre la montre par équipe, une équipe de « Nantais » et une équipe de « Parisiens ». Le Dimanche, le Mont Ventoux de nouveau. Et là, la rivalité de la veille était oubliée : nous étions 30 grimpeurs, soudés par la même envie d’atteindre le sommet.

Deux jours, ça nécessite de l’organisation : prévoir l’hébergement, les repas. Nous avions mis le doigt dans la gestion de projet !

2015, nous étions 60 coureurs pour la montée de l’Alpes d’Huez, des sponsors et deux organisateurs épuisés !

2016, 90 coureurs au Tourmalet et expérience de la délégation avec une équipe de 10 organisateurs. Pas facile la délégation ! C’est à l’issue de ces deux jours que nous avons décidé de nous limiter à 90 coureurs.

2017, 90 cyclistes à la Planche des Belles Filles. Après la session 2017, JB et moi nous sommes interrogés pour savoir si nous montions une start-up basée sur cet esprit : s’adresser à des amateurs qui veulent expérimenter l’esprit Tour de France le temps d’un WE. Ou à des entreprises qui veulent exprimer l’esprit d’équipe, le « A plusieurs on fait de belles choses » ! Nous n’avons pas osé franchir le pas.

Cette année le dernier Tour des Goodies se déroulera les 28, 29 et 30 septembre au Ventoux de nouveau. 100 Coureurs. 20 équipes. Plus de 100 km à parcourir. Un contre la montre par équipe et une étape en ligne. Pour la première fois je ne suis pas de l’équipe d’organisation : mes entraînements et matches de basket me prennent trop de temps et d’énergie. J’espère pouvoir cependant participer au WE, si je n’ai pas de match !

Ce sera le dernier « Tour de Goodies ». Après 8 éditions. Je le dis avec un petit pincement au cœur, mais nous y consacrons énormément de temps, d’énergie, d’implication. Et nous avons encore de nombreuses expériences à vivre.

 

Patricia Besset-Veziat  :

Quels enseignements tires-tu de ce projet ?

 

Michaël Delay  :

Avant tout, c’est une belle aventure amicale ; monter un projet ensemble nous a énormément soudés JB et moi. Alors 8 éditions de « Tour des Goodies », imaginez !

Chaque tour est une belle aventure humaine : au fil des années nous avons tissé ou aidé à tisser de belles relations amicales. Partout en France et jusqu’en Belgique.

Chaque épreuve est également une expérience de dépassement pour tous les coureurs : « Je ne finirai pas » : combien de fois l’avons-nous entendu ! Mais une fois partis, l’émulation, le soutien, l’adrénaline, le bon esprit aide à passer les lacets et atteindre le sommet.

Enfin, c’est une belle gestion de projet. Un WE à organiser, des sponsors à trouver, une sécurité à assurer, de la communication, restauration, hébergement … Le bilan au sortir du WE pour en tirer les conclusions nécessaires à l’amélioration continue.

Patricia Besset-Veziat  :

Quels sont les écueils que vous avez rencontrés ?

 

Michaël Delay  :

Le premier, je l’ai abordé : la délégation ! Piloter des bénévoles et gérer celui qui veut s’impliquer dans tout et celui qui ne fait que sa partie sans se coordonner avec les autres ! Un très bel enseignement.

Le second écueil concerne l’esprit que nous voulions donner à l’événement : certains, dont les sponsors !, le souhaitaient plutôt compétition ; d’autres plutôt moment de convivialité. C’est notamment face à ce dilemme que nous avons limité le nombre de coureurs.

 

Patricia Besset-Veziat  :

Et les femmes ? Je n’ai entendu que le mot coureur ? ! (question posée avec un sourire taquin)

 

Michaël Delay  :

En 2016 la question s’est posée ; nous avons débattu avec les 10 organisateurs : Ha ! les décisions collégiales ! Enseignement très fort également. Et le vote a été … Non. Il s’agissait d’un « WE entre hommes », dans « ma bulle avec mes copains ».

En 2017, peu satisfaits avec JB de la décision, nous avons ouvert le « Tour des Goodies » aux filles. Nous avons eu deux équipes féminines et des coureuses qui se sont très bien débrouillées !

 

Patricia Besset-Veziat  :

Tu vas t’ennuyer maintenant !

 

Michaël Delay  :

Jamais ! J’ai mon travail, j’ai le basket, j’ai mes amis. Et vraisemblablement des opportunités de défis à relever. Une opportunité alliant le sport et le monde de l’entreprise ne me laisserait pas indifférent !

 

 


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