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19 juin 2019

Intermines
Carrières : Les grandes écoles n'arrivent pas à « fournir » assez de diplômés aux entreprises

Les indicateurs d'emploi et d'insertion professionnelle sont « les plus élevés depuis 2010 », selon la Conférence des grandes écoles.

C'est le revers de la médaille pour les grandes écoles : une insertion professionnelle et des salaires en hausse pour les jeunes, mais « un manque » de diplômés formés. C'est ce qui ressort de l'enquête sur l'insertion professionnelle de la Conférence des grandes écoles (CGE), publiée mardi. Elle porte sur 58.000 diplômés de 2018 de niveau master (bac+5) parmi les 190 écoles membres de la CGE.

De plus en plus de CDI

Les indicateurs d'emploi et d'insertion sont « les plus élevés depuis 2010 », affirme sa présidente, Anne-Lucie Wack : 9 diplômés sur 10 ont un emploi moins de six mois après avoir été diplômés et 8 sur 10 décrochent même un travail en moins de deux mois. « Les jeunes diplômés bénéficient d'un marché de l'emploi très porteur », se félicite le directeur général d'HEC Paris, Peter Todd.

Plus de deux tiers des diplômés sont « littéralement aspirés par les entreprises avant même leur sortie de l'école », complète Anne-Lucie Wack : ils sont en effet 65,2 % à être dans ce cas, soit 3 points de plus par rapport à l'an dernier. Le taux net d'emploi reste stable mais, à 89,5 % (89,4 % en 2018), c'est « le meilleur taux net d'emploi à six mois depuis la crise financière de 2008 », selon la CGE.

Cette situation s'accompagne aussi de la progression du nombre de contrats à durée indéterminée. Selon l'enquête, 82,2 % des jeunes diplômés sont embauchés en CDI, soit 1 point de plus par rapport à l'enquête de l'an dernier. Ce chiffre est « supérieur à la moyenne nationale », relève la CGE, qui le compare avec celui de l'Apec, selon laquelle 68 % des jeunes diplômés d'un bac+5 obtiennent un CDI un an après avoir obtenu leur diplôme. « Les entreprises n'ont jamais été aussi nombreuses à recruter des cadres, selon la CGE. Les secteurs d'activité en lien avec la transformation numérique de l'économie sont tout particulièrement concernés. »

Les jeunes diplômés bénéficient aussi de salaires moyens d'embauche en hausse, qu'ils sortent d'une école d'ingénieurs (+2,2 %) ou d'une école de commerce (+2,6 %). Pour l'ensemble des nouveaux diplômés, le salaire moyen atteint 34.920 euros hors primes et 39.103 euros si l'on tient compte des primes.

Les entreprises, de leur côté, disent avoir des difficultés à recruter des diplômés. « On n'arrive pas à fournir assez de diplômés pour un marché de l'emploi qui est extrêmement porteur, admet Anne-Lucie Wack. Il faut qu'on en forme davantage. » Les grandes écoles ont pourtant ouvert leur recrutement à d'autres voies que les seules classes préparatoires : 40 % des diplômés en sont issus, mais 20 % viennent des écoles postbac et 40 % y accèdent par d'autres voies d'accès.

« Il y a un vrai mouvement de fond » pour accueillir des jeunes passés par une école postbac et donc « pas forcément par une prépa », indique Anne-Lucie Wack. Mais la CGE n'est pas disposée à ouvrir en grand les vannes du recrutement. « Si le taux de réussite est bon, c'est aussi parce que le produit d'entrée est de très bonne qualité, précise Alice Guilhon, directrice générale de Skema. On ne va pas doubler ni tripler le nombre de diplômés, mais on peut aller tranquillement vers l'accroissement du nombre de diplômés sans sacrifier la qualité et le niveau d'exigence. »

Les grandes écoles ont un autre chantier de taille : celui des inégalités hommes-femmes, tant pour les salaires que pour la facilité à décrocher un CDI. Certains secteurs d'activité comme le digital, où la demande est forte, sont même « en recul » par rapport au nombre de femmes qu'ils recrutaient il y a quelques années, déplore Anne-Lucie Wack.

 

Marie-Christine Corbier


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