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12 juin 2019

Intermines
Carrières : L'Entreprise à mission, mais pour quoi faire ?

Comme nous l’écrivions il y a quelques semaines, la loi Pacte va offrir la possibilité aux entreprises de définir leur raison d’être, et/ou d’adopter le statut d’Entreprise à mission.

Nous pouvons d’ores et déjà identifier de multiples situations où cette nouveauté pourrait constituer un outil pertinent au service du développement des entreprises.

Quand nous intervenons auprès d’entreprises familiales pour discuter des enjeux du statut d’entreprise à mission, en particulier la responsabilité de l’entreprise auprès de l’ensemble de son écosystème, la même réponse ne tarde pas à venir : « nous le faisons déjà ! ». En effet, l’intégration dans leur écosystème, notamment la responsabilité à l’égard de leurs salariés et d’un territoire, est profondément intégrée dans les pratiques de ces entreprises. La loi Pacte offre un moyen de « mettre un mot sur la chose », et ainsi de clarifier et formaliser ce qui relève de l’implicite et du difficilement communicable, qui pourrait donc un jour être remis en cause…. En effet, ces entreprises seront inévitablement confrontées à l’une ou l’autre des situations suivantes : ouverture du capital à un investisseur et transmission de l’entreprise. Inscrire dans les statuts de l’entreprise sa raison d’être et sa mission, c’est créer les conditions pour que ces périodes de turbulence soient traversées dans les meilleures conditions. Inutile d’ajouter que cela se prépare à l’avance et non pas au moment où les décisions doivent être prises.

Concernant les sociétés à participation publique, et tout particulièrement celles qui exercent leur activité dans un domaine côtoyant la notion de « mission de service public », elles pourraient également trouver un intérêt dans ce statut. En effet, ces entreprises sont particulièrement sensibles à la multiplicité de leurs parties prenantes et aux responsabilités qui en découlent. Le lancement d’un travail collectif de réflexion pourrait ainsi accompagner la transformation de l’entreprise, construisant la vision d’un futur souhaité et s’appuyant sur les caractéristiques profondes héritées de leur histoire et de leurs spécificités.

Pour les grandes entreprises, y compris internationales, avec un capital au moins partiellement coté, la réflexion et la construction collective de la raison d’être et de la mission permettraient d’accompagner les transformations permanentes qu’elles doivent opérer. Dans un environnement changeant, elles permettent de donner un cap, d’identifier des points fixes sur lesquelles l’entreprise peut s’appuyer. Elles contribuent aussi à donner du sens à la contribution des salariés et à renforcer leur engagement. Pour les entreprises non cotées, avec un capital réparti entre plusieurs types d’actionnaires (fonds d’investissements, fondateurs, familles, etc.), l’inscription dans les statuts de la mission de l’entreprise est un moyen efficace de mobiliser l’ensemble des actionnaires au service du projet entrepreneurial dans toutes ses composantes, notamment à l’occasion de grandes transformations ou de ruptures stratégiques.

La loi précise que les coopératives et les mutuelles peuvent également bénéficier de ce statut. Celui-ci leur permettrait de s’assurer que la nature spécifique de leur actionnariat oriente durablement le fonctionnement de leurs filiales industrielles ou commerciales.

 

Au terme de cette énumération, il ressort que toutes les entreprises ont à gagner à s’inscrire dans cette démarche, pour retrouver le sens de l’entreprise : un collectif mobilisant un ensemble de ressources et de potentiels au service d’un projet d’innovation et de développement.

 

 

Alain Schnapper (P83)

Membre du Comité Stratégie & Gouvernance

L’Espace Dirigeants Conseil  

Praticien associé Chaire Théorie de l'entreprise

Juliette d'Aboville

Directrice Générale

L’Espace Dirigeants Conseil 

   

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