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24 février 2021
Médiathèque Carrières

Intermines
De Groningen à Vienne en passant par la Sibérie - parcours cosmopolite !

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D’un pays à l’autre - expériences professionnelles aux Pays-Bas, en Russie et en Autriche.

Dès mon entrée aux Mines, une chose était claire pour moi : curieuse de l’Europe et du Monde, je souhaitais profiter des opportunités de stages et d’études à l’étranger. Finalement je posais mes bagages à Londres en Septembre 2010 pour une troisième année en master d’ingénierie pétrolière, sans réaliser à ce moment que c’était le début d’une carrière internationale.

Je décrochais rapidement un emploi aux Pays-Bas dans une grande multinationale du secteur.
La ville de Groningen, tout au Nord d’un pays aussi septentrional, se situe sur le plus large champ de gaz naturel terrestre en Europe, découvert dans les années 60.


Au début, en 2011, la ville était assez isolée, à presque 3 heures de la capitale et tout fermait à 17 heures le samedi.
Le secteur énergétique n’est pas connu comme très féminisé, mais les équipes où j’ai travaillé comprenaient 25 à 30% de femmes, et je n’ai jamais ressenti de difficultés à ce niveau ; l’entreprise, consciente du « plafond de verre » essayait d’ailleurs de développer le leadership féminin, notamment dans les équipes de terrain.
La langue de travail étant l’Anglais, souvent maîtrisé à la perfection, y compris dans la vie de tous les jours, j’avoue avoir cédé à la facilité et ne pas avoir fait de vrais efforts pour apprendre le Néerlandais, un aveu de plus en plus difficile les années passant...
Si j’avais prévu d’y rester deux ou trois ans, mon séjour s’est prolongé pour des raisons professionnelles ; j’ai vu la ville se développer au fil des ans, de nouveaux commerces et entreprises ouvrir leurs portes, les connexions ferroviaires s’améliorer, les weekends se dynamiser (notamment culturellement). La ville a attiré des diplômés internationaux dans divers secteurs, offrant alors une vie sociale agréable.
Quand je repense aux Pays-Bas, je me rappelle surtout un environnement très sûr, bien organisé et multiculturel, à la fois au travail et en dehors.
C’est une culture où les gens restent souvent longtemps discrets sur le plan personnel, et connue pour son sens du compromis, atteint après de longues discussions.
Leur communication « directe » a marqué mon style professionnel, qui cherche à éviter les incompréhensions.

En 2014-2015, une mobilité interne m’emmenait en Russie pour une expérience de terrain, en Sibérie Occidentale pour être précise.
Là, après 8 heures d’avion, 4 heures de train et 2 heures de route sur des pistes boueuses (en été) ou gelées (en hiver), qui découpent rectilignement une dense forêt à perte de vue, se trouve le camp de base où vivent et travaillent près de mille personnes dans des bâtiments en métal blanc et bleu conçus pour résister au froid.


Ce fut un choc ! Les débuts n'ont pas été faciles, entre les conditions extérieures (d’abord les moustiques puis le froid), la chambre minuscule partagée, la cantine rustique trois fois par jour (sans au début pouvoir communiquer et demander de quoi il s’agissait…), la réserve initiale de mes collègues, tous Russes, et le travail omniprésent, puisqu’un mois durant, nous travaillions 12 heures par jour, également le weekend, et parfois la nuit si le suivi des opérations l’exigeait.
Le mot urgent prit une nouvelle signification : là où j’avais une semaine avant pour écrire un rapport, il le fallait désormais en deux heures ! Le temps passant, et au rythme de deux leçons de Russe par semaine, mes collègues s’ouvraient et je découvrais, à travers leurs différentes personnalités, leurs rêves et leurs histoires, un pays complexe et fascinant. Dur et généreux.
Nous avions peu de temps de loisir et peu de confort matériel (à mes yeux, même si on m’avait décrit notre camp comme le meilleur de Sibérie), mais personne ne venait les mains vides, et on ne prenait pas le thé seul.
A l'heure de la pause, un collègue préparait le thé pour toute l’équipe et partageait ce qu’il avait amené : des fruits de son verger, des confiseries Kazakhes, du chocolat, des poissons fumés, du miel etc.
Même si je ne regrettais pas que cette expérience de huit mois prit fin, elle avait élargi mon horizon professionnel et humain. La Russie était devenue spéciale pour moi et m’avait aussi appris à mieux apprécier le confort et les opportunités en Europe.

Il y a deux ans enfin, j’ai accepté un poste en mobilité externe pour diversifier mes compétences techniques, et me suis installée dans la capitale autrichienne, à Vienne.


Outre le déménagement international à organiser ainsi que toutes sortes de joies administratives (processus d’immigration, casse-tête des impôts sur plusieurs pays…), la transition me parut facile, déjà grâce à plus de dix ans de cours d’Allemand – ceci dit, il faut plusieurs mois pour s’habituer aux accents et dialectes autrichiens – et parce que je tombais amoureuse de la ville presque immédiatement : comment ne pas succomber aux avenues majestueuses, aux immeubles « Judendstil » (Art Nouveau), à l’excellent réseau de transport en commun, à l’eau de source coulant du robinet, aux collines couvertes de vignes à l’arrière-plan de la ville, et aux premières montagnes à une heure de la capitale ?
Le plus dur a été de m’adapter à une nouvelle culture du travail, sûrement un reflet à la fois de la culture du pays et de l’entreprise. Il a fallu s’habituer à de nouvelles procédures de gestion de projet, une structure plus verticale, moins de diversité qu’avec mon précédent employeur, et la nécessité de connaître les personnes pour pouvoir bien travailler avec elles.
Cela dit, l’ambiance est généralement assez détendue. Et à petite échelle, ma nouvelle équipe est une communauté soudée, avec quelques étrangers comme moi, où on ne dit jamais non à un moment convivial après le travail avec une bière, un Spritzer ou un vin chaud (virtuels en 2020), et elle a aussi facilité mon intégration.

Que retenir de ces périples professionnels et personnels ?
Avec un poste à l’international, on plonge dans une culture ; on interagit avec les gens, on fait l’expérience de leur manière de penser et de faire.
Ces expériences offrent un recul précieux, en remettant en question notre culture, nos habitudes et nos pratiques « normales ».
Inconsciemment, elles élargissent les horizons et développent tout un éventail de styles de communication, et des observations sur les procédés efficaces ou non selon les organisations. Enfin, au niveau personnel, il y a une richesse infinie à découvrir ainsi l’âme des peuples et à se rendre compte qu’il y a toujours à explorer, même dans les endroits qui semblent a priori avoir peu à offrir.

                                                                                                       Alyssia Janczak (N2008)

 




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