Actualité

05/07/2018

Intermines
Comment mieux “startuper” ? this is the question !

Pour ceux que l’aventure entrepreneuriale titille, c’était une soirée à ne pas manquer…

Réunis par Intermines Carrières, cinq entrepreneurs diplômés des Mines ont croisé le 4 juin leur expérience et leurs conseils devant un auditoire très attentif.

En bon connaisseur des méthodes agiles, Guillaume Carpentier (N2012), l’animateur de la soirée, -et aussi fondateur de la startup Wave Me Up-, avait recueilli les questions du public sur des post-its, qui ont guidé les échanges.  

Parmi les thèmes évoqués : l’importance ou non de l’idée initiale, comment s’associer, et les précautions à prendre dès le départ pour mettre toutes les chances du côté de sa startup.

 

Si nos cinq entrepreneurs ont tous eu envie à un moment ou à un autre de se jeter dans le grand bain de l’entrepreneuriat, tous n’avaient pas un concept génial comme moteur initial. Antonella Benhamou (P2012), la benjamine du groupe, a été contactée en 2016 par un camarade d’université pour être cofondatrice de ShorTouch, start-up de Big Data et de science des réseaux.
Elle venait juste de finir son Master en Innovation et Entrepreneuriat à l’Imperial College à Londres.  La jeune diplômée s’est lancée avec enthousiasme dans ce projet qui n’était pas le sien à l’origine.  Si elle a finalement quitté le navire depuis deux mois, elle ne regrette rien. « Ma courbe d’apprentissage a été maximale, j’ai notamment gagné une aisance orale incroyable devant un public ou face à un recruteur », explique-t-elle. 
Cette expérience lui permet aujourd’hui de voir les écueils à éviter pour un entrepreneur débutant. « Il faut partir bien accompagné et avec une répartition claire des rôles et du futur partage des capitaux ». « Et peu importe qui a eu l’idée au départ. Ce n’est pas parce c’est votre associé, qu’il faut que le rapport de pouvoir soit de 90/10 entre vous », surenchérit-elle.

Tous le soulignent, l’idée initiale va sans arrêt évoluer durant la première, voire la deuxième année. Il n’est pas donc pas impératif d’avoir un concept pour se lancer. Partir avec un questionnement sur une problématique est bien plus porteur pour le développement d’une start-up que d’avoir d’emblée une solution « révolutionnaire ».

En revanche, il faut « avoir un minimum de vision, savoir dans quel domaine on le fait, et ce qui nous porte en termes de valeur derrière », nuance Didier Launay. Ce dernier a participé à la création de plusieurs entreprises et startups, et anime le club des créateurs d’entreprises de XMP Entrepreneur.

 

S’associer, c’est comme un mariage

Plus que l’idée de départ, ce qui est essentiel pour le succès de l’entreprise, est de bien s’associer. « Cela va être un mariage, il faut que les valeurs soient alignées, et bien définir les rôles au départ », insiste Antonella Benhamou. Faut-il pour autant que les profils soient « complémentaires » comme il est souvent conseillé ? Cela relève peut-être d’une idéologie, mais c’est en tout cas fortement apprécié par les investisseurs lors d’une levée de fonds, relève Romain Niccoli (P97).
Le cofondateur de Criteo, le spécialiste de la publicité sur Internet, puis de Less, startup de covoiturage urbain, l’a directement expérimenté lors d’une levée de fonds. Il venait juste de s’associer la veille avec deux partenaires aux profils complémentaires.  Et c’est précisément ce qui a plu aux investisseurs, permettant à Criteo de lever ses premiers deniers.

Pour éviter ensuite les conflits entre associés sur la répartition des rôles et du capital, ou en cas de départ prématuré, Romain Niccoli recommande de conclure dès que possible un pacte d’actionnaire. Avant cette étape, il faut bien sûr tâter le terrain et discuter. Un premier outil de cadrage de la relation peut être un Gentlemen’s agreement, accord oral sur l’honneur ou convention écrite entre les parties, mais sans valeur juridique.  Un statut SAS permet aussi de définir le rôle de chaque associé de façon très simple, ajoute Didier Launay (E74).

Bien s’associer peut se faire plus ou moins rapidement. Yoann Hodeau (N2012), fondateur de Prowd, start-up utilisant l’outil digital pour favoriser les gestes écolo en faisant des économies, s’est lancé seul sur son projet il y a plus d’un an.
Pour cet entrepreneur social, créer une structure avec un impact social ou environnemental, en plus de la valeur ajoutée économique, était fondamental. Il est actuellement en phase préliminaire avec un possible associé. « Ne partez pas seul, il faut quelqu’un d’autre. Et surtout il ne faut pas avoir peur de parler de ses idées », conseille-t-il.

Trouver des entrepreneurs plus aguerris

C’est l’autre bonne pratique pour un entrepreneur débutant. Partager son idée avec le maximum de personnes pour bénéficier d’un retour en termes de communication ou de conseils sur son projet.  « Il faut se faire entourer très vite, ne pas épuiser son énergie. Et pour éviter les écueils, trouver des entrepreneurs aguerris qui acceptent, autour d’un café ou d’un repas qu’on leur paye, de donner leur avis sur notre projet et dire ce qui ne va pas », martèle le créateur de Prowd.

Se faire accompagner par un incubateur, puis un accélérateur, est évidemment fortement recommandé. Il faut bien les choisir, selon le projet porté (1). Mais attention à ne pas tout en attendre non plus.  L’ex-cofondatrice de ShorTouch, insiste sur l’importance de démarcher au culot, en plus des contacts gagnés via les incubateurs, d’autres prospects ou possibles investisseurs. Même pour des institutions avec des procédures bien cadrées comme la BPI, cela fera la différence. « Le plus important, c’est la vente, car il faut convaincre. C’est l’art de la séduction professionnelle, lancer les bons arguments, oser appeler, envoyer des mails, insister, savoir se faire entendre est très important ».

Pour autant, être vendeur dans l’âme n’est pas forcément un prérequis pour entreprendre. Et cela peut s’apprendre. Vincent Flament (X-Mines P2012) rejoint l’équipe d’Ignition Program, dont l’objectif est de trouver les meilleurs potentiels pour les startups qui peinent à recruter. « On apprend mieux en étant déjà dans le milieu des startups », défend-il. 

Pour entreprendre, il faut avant tout l’envie, et oser.
Donc ne pas être allergique au risque.
Financièrement, il est recommandé de pouvoir au moins assurer ses arrières pendant un an. Deux ans, c’est encore mieux. Etre passé au moins par un échec pour en tirer les enseignements et mieux réussir ? Les avis divergent.
Pour le reste, on laissera à Romain Niccoli le mot de conclusion. « N’écoutez pas trop les conseils, il n’y a pas de recette toute faite ».

Marcia Lacombe
Journaliste

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